Edito par Véronique Champeil-Desplats

Les théoriciens des droits fondamentaux ont perdu un maître. Les défenseurs des droits de l’homme et de la démocratie aussi. Gregorio Peces-Barba Martínez s’est éteint le 24 juillet 2012 à l’âge de 74 ans.

Avocat pendant la période franquiste, il milita et plaida activement en faveur des droits et libertés. Cela lui valut, au début des années 1970, d’être arrêté et suspendu de sa profession. Membre du parti socialiste depuis 1972, à la mort de Franco, il est élu député et devient l’un des pères de la constitution espagnole. Il est en effet nommé à la Ponencia, nom du groupe de travail chargé de préparer le projet du futur texte constitutionnel. Ensuite, il est élu à deux reprises à la Chambre des députés dont il devint le Président de 1982 à 1986. Il se retire alors de la vie politique pour se consacrer essentiellement à l’Université.

Professeur de philosophie du droit, il a activement participé à la création de l’Université Carlos III dont il sera Président (Rector) de 1989 à 2007. Il devient également membre de l’Académie royale des sciences morales et politiques.
Gregorio Peces-Barba a bénéficié d’une très forte influence académique. Il est l’auteur d’ouvrages généraux de philosophie du droit, de plusieurs éditions d’une Théorie générale des droits fondamentaux , et s’était engagé depuis quelques années, avec des collègues et disciples, dans l’édition d’une histoire encyclopédique des droits fondamentaux .

Ces travaux sont en Espagne des ouvrages de référence. Car père de la constitution, Gregorio Peces-Barba a aussi été le directeur de thèse de presque tous ceux qui, jusque dans les années 1990, ont voulu embrasser une carrière universitaire dans le champ de la théorie du droit ou des droits et libertés. Ce n’est pas l’un des moindres hommages que d’affirmer que Gregorio Peces-Barba avait fini par devenir un Norberto Bobbio espagnol, maître turinois qu’il considérait comme l’un de ses modèles intellectuels .

Adios Don Gregorio.

Véronique Champeil-Desplats

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